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Y aurait-il un problème racial aux Antilles ?
Les Derniers maîtres des colonies...
Le mépris raciste de l’État français pour ses colonies
 

A l’heure où la Martinique se lance à son tour dans un mouvement social sans précédent depuis ces dix dernières années, les béké de la Martinique expriment sans retenue leur racisme sur les ondes de Canal Plus.

Le mouvement social guadeloupéen continue, après 17 jours de paralysie de l’île... dans l’indifférence générale (à de rares exceptions près) des médias hexagonaux...

Le mépris -que l’on imagine sans mal teinté de racisme- de la métropole pour ses colonies, interroge sur certaines des revendications du collectif Lyannaj Kont Pwofitasion : y aurait-il un problème racial en Guadeloupe ?

Sur bondamanjak Serge Chalons, du comité "Devoir de Mémoire" revient sur la diffusion par Canal Plus, du documentaire "Les derniers maîtres de la Martinique".

Il s’indigne des propos des représentants de la caste béké martiniquaise qui exprime publiquement, "dans une totale sérénité ce qui semble être le fond de leur pensée (...) les mêmes valeurs qui ont alimenté ce crime inhumain pendant 300 ans, à savoir la notion de pureté raciale héritage direct de l’idéologie raciste et suprématiste qui a déshumanisé tout le continent américain sous les griffes du fouet esclavagiste et colonial."

"(…) les Martiniquais (de couleur comme ils disent) ne sont qu’un troupeau servile et sombre, corvéable à merci dont l’unique destin est de les servir et de les enrichir. Ainsi, nos fiers béké, défenseurs enthousiastes de la pureté raciale, (ce qui suppose qu’ils se protègent de la masse de tous les autres nécessairement impure à leurs yeux), exhibent avec cynisme leurs valeurs ancestrales racistes comme autant de signes de vertus !"

Serge Chalons d’ajouter : "Ce cynisme qui se manifeste par les conditions de travail déplorables des ouvriers agricoles [Nda : dont beaucoup sont des sans-papiers], par les salaires ridicules des travailleurs de la grande distribution, par des profits éhontés sur des produits de première nécessité, par l’absence relative ou totale de cadres afro-descendants aux postes importants de leurs organisations, ce cynisme va jusqu’à constituer une menace pour la santé des Martiniquais, puisque le récent scandale du Chlordécone [scandale sanitaire dont nous aurons l’occasion de revenir sur ce site...] est également la résultat de la cupidité et de l’irresponsabilité de certains chefs d’entreprise béké qui une fois de plus n’auront vu dans le peuple martiniquais qu’une sombre masse anonyme, toujours source d’intarissables profits, dont la santé n’est qu’un élément anecdotique."

La Guadeloupe, comme la Martinique dont nous parle Chalons est "fondée sur l’ethnocide amérindien et les fers de l’esclavage africain, le viol et l’injustice [et] ont donné naissance à un peuple dont le devenir ne peut être envisagé qu’en réaction des valeurs racistes qui l’ont vu naître."

• Au racisme des Béké répond le mépris (raciste ?) de l’État français pour ses colonies

Le Ministre des Colonies, Yves Jégo, a mis quinze jours à se rendre en Guadeloupe. Il aura préféré se rendre à la Réunion pour inaugurer une centrale photovoltaïque... assister à Paris à un "Chat" sur NRJ, puis à une réunion à l’UMP (le 24 janvier), … avant de daigner se rendre dans le département.

Quant à Nicolas Sarkozy, il n’aura pas dit un seul mot de la situation en Guadeloupe durant les 90 minutes d’émission pendant lesquelles de pseudo-journalistes complaisants semblaient plus intéressés par l’éventualité de sa seconde candidature à la présidence de l’État [dans plus de 3 ans !!] que par le règlement du conflit social paralysant depuis 17 jours l’un des département de la République.

"Malgré des questions sur la crise, le pouvoir d’achat et les mouvements sociaux, ce silence du chef de l’Etat est tout simplement choquant et stupéfiant, impensable si un territoire hexagonal avait connu pareil blocage. Bondamanjak

• Un problème racial se greffe-t-il sur le problème social guadeloupéen ?

Elie Domota et le collectif Lyannaj Kont Pwofitasion ont été à plusieurs reprises accusés de "racisme" et "d’incitation à la haine raciale"...

Certains habitants de l’île semblent en effet inquiets de voir le collectif exprimer des revendications mettant en avant, en plus d’un problème social évident concernant le niveau de vie et le pouvoir d’achat de la population guadeloupéenne, le problème du racisme et de la discrimination à l’embauche touchant les populations de l’île d’origine métissée, africaine ou indienne.

Parmi les revendications du collectif Lyannaj Kont Pwofitasion :

• Le droit à l’éducation et à la formation pour la jeunesse et les travailleurs de notre pays ;

• La priorité à l’embauche et aux postes de responsabilité pour les Guadeloupéens et le refus du racisme à l’embauche ;

• Priorité d’embauche pour les Guadeloupéens ;

• Embauche obligatoire de Guadeloupéens dans toutes les entreprises qui bénéficient d’aide publique ;

Le racisme des Béké, évoqué plus haut, tout comme la situation foncière et économique de l’île inhérente à la colonisation et aux conséquences de la traite négrière sont deux sujets que semblent ne jamais vouloir aborder aussi bien les Béké, descendants des familles esclavagistes, les "Blancs peyi", résidant sur l’île depuis parfois de très nombreuses années et les métropolitains venus s’installer dans la colonie pour y travailler.

Mais le racisme de la société guadeloupéenne dans son ensemble, tel qu’il peut s’exprimer de façon très abjecte à l’égard des Haïtiens ou des Dominicains, la stratification sociale de la société sur des critères raciaux - il vaut mieux être un "chabin" qu’avoir la peau foncée - sont deux autres sujets généralement trop peu abordés dans les débats qui traversent la société guadeloupéenne.

Il y aurait beaucoup à en dire et j’invite tous ceux qui estiment nécessaire d’aborder ces sujets à faire parvenir à Medialternative.fr leurs réflexions.

Pour ouvrir ce débat, les deux images qui suivent parlent sans doute mieux que tous les longs discours :

Dans la première, ci-dessous, une réunion des patrons de la Guadeloupe au WTC, le 1er février dernier :

La seconde, prise lors de la manifestation du 24 devant la mairie de Pointe-à-Pitre :

Je vous invite à lire les textes publiés sur Inter-Culturel... En effet, si la réalité de la race est largement contestée par les travaux scientifiques (Jacques Ruffié, André Langaney, Albert Jacquard, Marcel Blanc, ...), les "caractéristiques anthropologiques" (couleur de la peau, principalement...) s’érigent aujourd’hui encore en construction socioculturelle, fondant la perception des différences et légitimant certaines hiérarchies sociales.

Le collectif Lyannaj Kont Pwofitasion, par le biais de son porte parole, Elie Domota, rappelle dans les interviews qu’il accorde que le seul but du collectif est de faire aboutir la plate-forme de revendications qu’il porte, mais en aucun cas de débattre sur le statut de la Guadeloupe, qu’il ne s’agit en rien d’un mouvement indépendantiste mais d’un mouvement social.

Au vu du mépris affiché par l’État français (ce dernier allant jusqu’à interdire aux médias locaux l’accès aux négociations - qui étaient jusqu’à l’arrivée de Jégo filmée en direct - pourquoi le peuple Guadeloupéen devrait savoir ce qui se dit à son propos, en effet…), la question de la nature coloniale des relations liant Paris à Pointe-à-Pitre ne manquera cependant pas de se poser à l’avenir.

L’un des points de la plate-forme de revendication est "la poursuite contre les Responsables des massacres de mai 67 à Pointe à Pitre et réparation des préjudices aux victimes et ayant-droits."

Le souvenir de ce massacre commis par les CRS français est en effet encore très vivace dans les mémoires.

Le mépris ouvertement affiché par Sarkozy et par son Ministre des Colonies, le mépris affiché par les médias hexagonaux (hier dans l’édition nationale de France 3*, dix secondes sur la Martinique - une brève et quelques images : "après la Guadeloupe, la Martinique..." - avant de consacrer deux minutes à une opération chirurgicale survenue sur deux frères siamois…) ne saura manquer de réveiller les consciences du peuple guadeloupéen à qui, sans même s’en rendre compte, on rappelle ces derniers jours depuis la métropole (la France) qu’il n’a pas toute sa place dans la République.

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Rappelons ainsi que la SIG, Société Immobilière de Guadeloupe, société d’économie mixte qui gère plus de 16000 logements sociaux en Guadeloupe, est détenue à 51,29% par l’État qui se fait représenter dans son Conseil d’administration par l’Agence Française de Développement [AFD] [1].

L’AFD, outil de coopération destiné aux pays en voix de développement et plus particulièrement aux colonies françafricaines aurait-il toute sa place en Guadeloupe ?

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•• Le film "Les Derniers maîtres de la Martinique"**, une enquête de Romain Bolzinger :

* : Interdire l’accès des négociations aux médias guadeloupéens est, en plus d’un déni de démocratie évident, une façon de réduire l’expression médiatique du mouvement au silence. Il suffit pour ce faire de regarder la place faite au mouvement social guadeloupéen dans les médias hexagonaux pour comprendre la volonté affichée du gouvernement - et de son représentant, Yves Jégot - de passer sous silence l’un des plus importants mouvement social survenu en France ces dernières années.

Avec la complicité active des "journalistes"...

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** Le Président du Mouvement International pour les Réparations (MIR), Garcin MALSA met en garde, dans un communiqué, le pouvoir français qui sous la pression de la caste béké tente d’empêcher la diffusion sur la chaine privée de télévision CANAL + de l’émission intitulée « les derniers maîtres de la Martinique ».

Ces pressions indignes relèvent de l’intimidation dont sont coutumiers les békés qui veulent maintenir notre peuple dans l’ignorance de l’origine du malaise profond qui affecte actuellement notre société martiniquaise. Dans ce documentaire les békés avouent publiquement leur racisme tenace et quasi héréditaire à l’égard du peuple martiniquais ainsi que leur comportement d’apartheid.

Ce reportage démontre également leurs liens ancestraux avec les gouvernants français qui par leurs largesses leur permet de maitriser toute l’économie et singulièrement l’import export et de réaliser des profits juteux sur le dos du peuple martiniquais, et ce en toute illégalité au regard des lois françaises.

Interdire aux martiniquais de regarder une telle émission dans laquelle les békés eux mêmes affirment leur supériorité raciale et leur droit naturel de dominer le peuple martiniquais, équivaudrait purement et simplement pour le pouvoir français à cautionner en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane le racisme et toutes les formes d’apartheid qu’il dénonce ailleurs et prétend combattre sur son territoire.

[1] Voir le Mika Déchaîné, n°14 Décembre 2008



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